Aca Driving Marketing Success
 
Publicitaires pas sortis du bois
octobre 18th, 2009

Par Bill Keenan, Groundzero Marketing Communications

18 octobre 2009

Un client et quatre personnes de son agence de pub se retrouvent perdus en pleine forêt à la suite de l’écrasement de leur bimoteur dans le Nord ontarien. Mon long métrage, Eating Buccaneers raconte leur aventure : ils ont survécu à l’écrasement, survivront-ils à leurs relations? Cette comédie ressemble à l’amalgame improbable de The Office et de Lord of the Flies, ou mieux, un pastiche de la populaire série Mad Men, joué sur le mode loufoque et sans cigarette.

J’ai travaillé dans plusieurs agences de publicité comme rédacteur et directeur de création. Vous ne serez pas étonné si je vous dis qu’on y retrouve un bon nombre d’excentriques. Le côté client n’est pas en reste, étant lui aussi reconnu pour ses personnalités déjantées. Les longues journées de travail en agence font que l’on passe facilement plus de temps avec ses collègues qu’avec les membres de sa famille. Un jour, je me suis posé la question : «À quel point connaît-on les personnes que l’on côtoie quotidiennement»? Eating Buccaneers tente d’y répondre. C’est une histoire classique de dépaysement où cinq publicitaires doivent se débrouiller dans un environnement étranger et hostile. Habillés pour la ville, ils tentent de s’en sortir, avec comme seules ressources quelques barres collation Buccaneer (le produit du client), et peu d’aptitudes pour le travail d’équipe.

Des personnages bien typés
L’industrie de la publicité a la généralisation facile. Les gens d’agence ont des idées préconçues à propos des clients, et vice-versa. Dans les agences, les gens du service à la clientèle entretiennent des préjugés contre les créatifs… qui le leur rendent bien. Que se passerait-il si ces perceptions tordues étaient étalées au grand jour? Eating Buccaneers n’épargne personne – tous les personnages sont mis à nu.

On retrouve l’intense Jerry, vice-président des Services clientèle à la personnalité de type A; la pétillante Andrea, chargée de compte junior; le cynique et irrévérencieux Doug, rédacteur; la directrice artistique nouvel-âge, Vanessa et le chef de produit Stewart qui est incapable de prendre une décision sans groupe de discussion. Reconnaissez-vous quelqu’un? Je considère ces personnages comme des archétypes de publicitaires, mais je suis certain que vous les trouverez bien réels à plusieurs égards.

Une expérience profitable avant…
L’écriture du scénario a eu un avantage fort intéressant pour moi : à mesure que le film se créait, j’ai eu l’occasion d’exprimer ce que je pensais vraiment de chacun des personnages – sans perdre mon emploi. Quel travailleur d’agence n’a pas rêvé de dire : «La publicité serait beaucoup plus facile s’il n’y avait pas de client…»? Quel client n’a jamais souhaité avoir le droit de congédier son agence sur-le-champ?

Mon expérience des agences ne m’a pas seulement fourni le matériel pour écrire le scénario, elle m’a aussi aidé à financer et à produire le film. Une fois le scénario terminé, mon épouse et moi avons effectué le montage financier de la production au moyen d’une «offre d’actionnariat limité». (Où s’en va-t-on, si les créatifs se mettent à financer des projets?) J’ai mis à profit mon expérience des présentations d’agence pour faire valoir le projet auprès d’investisseurs potentiels. Un soir, par exemple, un couple de nos amis ont invité leurs partenaires d’affaires chez moi pour le dessert et quelques verres. En faisant ma présentation au beau milieu de mon salon, je me suis dit : «Tout cela doit ressembler à une soirée Tupperware»… Heureusement, à la fin de soirée j’avais réussi à recruter des investisseurs.

…et après le tournage.

Après le tournage, j’ai fait appel à plusieurs personnes de confiance dans les maisons de postproduction commerciales que je connaissais. Andy Ames, monteur émérite chez Panic and Bob, s’est chargé du montage. Terry O’Reilly, qui a réalisé tant de mes messages radio, a supervisé le montage sonore et Pirate Radio a assuré la post-production audio. Ari Posner, auteur des musiques de plusieurs de mes messages télé, a composé une trame musicale extraordinaire. J’imagine que, le film étant une satire du monde de la pub, que nous avons tous mordu la main qui nous nourrit.

Qu’arrive-t-il aux personnages? Au fil des journées sans sauvetage, les façades se fissurent, les masques tombent, les images soigneusement entretenues s’effritent … les personnages se déballent comme des barres collation. Se révèlent alors des personnalités que les spectateurs – voire même les personnages – ne soupçonnaient pas. Pensez-y : que révéleriez-vous à votre sujet si vous étiez perdus dans le bois avec l’équipe de votre agence?

Eating Buccaneers a pris l’affiche le 16 octobre aux cinémas AMC Yonge & Dundas Cinemas de Toronto et sera bientôt distribué à travers le pays.

– Bill Keenan
– directeur de création, Groundzero Marketing Communications

Bill a travaillé dans plusieurs agences et comme pigiste. On le connaît comme le concepteur de la campagne radio primée It Was A Rainy Day In Pizzaville qui est toujours en ondes plus de 25 ans après sa création, ce qui en fait probablement la plus longue campagne publicitaire radio au Canada. Bill a aussi été co-auteur, réalisateur et producteur d’un court métrage intitulé The Homework Bureau, une satire féroce des séries policières, qui a été présenté au Festival international du film de Toronto.

– Pour le joindre : Bill

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