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Capacité d’attention : 140 caractères
mai 4th, 2009

Par Randy Scotland, ACA

4 mai 2009

Je suis un homme de peu de mots. J’applaudis aussi chaque fois que je découvre une pensée originale. Cela dit, essayer de réunir les deux risque de déboucher sur un charabia d’idées floues et de divagations bancales.

De mon point de vue, voilà exactement ce que sont en train de faire les médias sociaux. Ils nous amènent dans un univers de babillages incessants et de pseudo information. J’ai parfois l’impression que la communication se résume à un flot de fragments de 140 caractères et de demi-vérités répandues sur Facebook par « amis » interposés.

Comme dirait Shakespeare, notre monde ressemble de plus en plus à une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, mais qui ne veut rien dire.

Voici ce que je pense : si notre société continue de se laisser séduire par les charmes de la multiplication des clics et de la crédibilité instantanée, elle risque de mettre en péril son intelligence collective. Intelligence qui, admettons-le, n’est déjà pas un exemple de génie…

Comprenons-nous, je ne suis pas un Luddite ignare n’accordant aucune foi aux nouveaux médias. Je peux jouer du Blackberry et rivaliser avec les meilleurs…Je tiens cependant à lancer un avertissement à mes cousins du marketing qui, en ces temps difficiles, voient les réseaux sociaux comme autant de Sauveurs.

Les résultats d’un nouveau sondage effectué par le chercheur américain Michael Stelzner et publié dans MarketingCharts m’ont littéralement jeté par terre. Il a, en effet, découvert que 88 % des 880 entreprises ayant répondu à son questionnaire utilisent maintenant les réseaux sociaux pour mettre en marché leurs produits et services, les plus populaires étant Twitter, les blogues, LinkedIn et Facebook. Près des trois quarts des répondants indiquent avoir adopté ces nouveaux médias depuis quelques mois seulement.

Autrement dit, il y a beaucoup de néophytes dans le système.  Ces nouveaux convertis ont-ils découvert le Saint-Graal de la relation avec les consommateurs, ou ne font-ils que surfer sur une bulle de fausse intimité semblable à celle des technos de triste mémoire?

En attendant la réponse à cette question, je note avec de plus en plus d’inquiétude le déclin des médias traditionnels et cette déchéance devrait faire trembler chacun de nous. Chaque jour amène son lot de victimes d’une économie en crise : coupures de postes dans les quotidiens, magazines qui ferment leurs portes, émissions de télé non renouvelées….

Je ne verserai pas de larmes sur les bonzes fossilisés des journaux et de la télévision dont l’attitude envers les nouveaux médias est, au mieux, méprisante. Malgré tout, en tant que professionnel de la communication d’affaires ayant appris son métier comme reporter, en tant de passionné des mots imprimés, j’estime que nous risquons de perdre gros si les médias traditionnels disparaissent.

Je m’explique. À mesure que les coupures attaquent le pouvoir de réflexion mis en place et soutenu depuis des décennies par les médias traditionnels, nous perdons notre capacité à générer un contenu à la fois signifiant et substantiel et ce, peu importe qu’il vise à nous édifier ou à nous divertir. Résultat : un traitement de l’information de plus en plus superficiel et la disparition d’un environnement propice à une publicité de qualité.

Nous arrivons à un carrefour générationnel. Il semble qu’il faille choisir entre les enfants de mySpace, qui exigent de pouvoir effectuer leurs propres choix médias, et une cohorte plus âgée, menée par les Baby Boomers, plus à l’aise avec des médias préformatés.

Nous devons au contraire trouver le moyen d’harmoniser le panache, l’immédiateté des réseaux sociaux et la fiabilité ainsi que l’envergure des médias de masse. Comme il se doit, le pendule va repartir dans le sens inverse et créer l’équilibre, ne serait-ce qu’en raison des conséquences du manque de contenu dynamique produit par des professionnels pour l’ensemble de notre société.

Cela ne signifie pas que les médias sociaux doivent renoncer à leur attrait en tant que canaux de communication populistes. Dans la lutte que se livrent les médias cependant, la substance bat le style. Les annonceurs en tiendront certainement compte…

– Randy Scotland
Vice-président, Communications

Vous avez envie de donner style et substance à vos projets dans les médias sociaux? Consultez la page du comité des nouveaux médias de l’ACA. Vous y trouverez la liste des séminaires présentés par l’ACA sur la question. Vous pourrez aussi vous abonner pour recevoir le calendrier des prochains séminaires.

Randy Scotland coordonne les efforts de communications de l’ACA après de ses membres et des autres groupes concernés du grand public et de l’industrie. En onze ans à Marketing Magazine, il a été tour à tour rédacteur, puis chef de pupitre. Poursuivant sa carrière au Financial Post, il a couvert pendant quatre ans le milieu de la publicité et du marketing comme reporter, puis chroniqueur. De 1995 à 2003, il a occupé le poste de vice-président, Communications et relations publiques, du Conseil canadien du commerce de détail. Il a aussi publié The Creative Edge – Inside the Ad Wars (Penguin 1994).

– Envoyez un courriel à Randy –

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