Aca Driving Marketing Success
 
Perspectives programmatiques : on exagère la gravité du problème des bloqueurs d’annonces
octobre 22nd, 2015

Par Grant Le Riche, directeur général, Canada, TubeMogul

Grant le RIche

Grant le Riche

La technologie de blocage des publicités représente le dernier en liste des problèmes préoccupant les praticiens du marketing numérique. Ce dernier vient s’ajouter aux faux-clics, à la visibilité douteuse des annonces et au manque de transparence des achats média programmatiques. Le directeur général pour le Canada du fournisseur de logiciels d’achat programmatique, TubeMogul, Grant Le Riche, affirme cependant que l’on ne doit pas s’inquiéter outre mesure de ce problème.

L’industrie de la publicité a un problème de confiance.

Les Canadiens se montrent particulièrement méfiants envers les annonces numériques. Un nouveau sondage eMarketer rapporte en effet que 56 % des Canadiens considèrent que les annonces numériques ne sont «pas dignes de confiance », alors que seulement 4 % pensent qu’elles sont « très dignes de confiance ». Ceci représente de loin la note la plus basse de tous les médias.

Certains pourraient prendre ces statistiques, se souvenir de l’étude récente montrant que plus de 20 % des Canadiens ont recours au blocage des annonces et se dire : « Voilà qui explique tout! ». En fait, nous nous ne sommes pas si certains que la méfiance générale envers la publicité explique que l’on parle tant des bloqueurs d’annonces ou que l’on fasse un tel plat de leur adoption croissante.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette technologie, il s’agit de logiciels empêchant les annonces numériques de s’afficher sur les écrans des ordinateurs et des appareils mobiles. Ces application bloquent aussi bien les annonces statiques que les annonces vidéo.

Si les implications sous-jacentes de ce phénomène devraient préoccuper l’ensemble de l’industrie publicitaire, les responsables marketing n’ont pas à s’inquiéter : l’offre d’espace publicitaire est assez importante pour compenser une quelconque hausse dans l’adoption des bloqueurs d’annonces. Le phénomène a connu une croissance de 41 % dans le monde entier au cours de l’an dernier. Or, le nombre total d’impressions publicitaires offertes au Canada dans notre plateforme a augmenté de 275 % durant la même période.

N’oublions pas non plus que :

  • Plusieurs éditeurs offrant un contenu de qualité télé détectent proactivement la présence de logiciels de blocage et exigent que les utilisateurs les désactivent pour avoir accès à ce contenu.
  • La plupart des logiciels de blocage comportent une « Liste blanche » d’éditeurs ayant créé une expérience publicitaire ne nuisant pas à l’expérience globale vécue par l’utilisateur. Si certains ont payé pour que leurs noms de domaine fassent partie de ces listes, il n’est pas exclu que des éditeurs de moindre envergure puissent se regrouper pour établir des normes permettant leur inclusion.
  • Enfin, à mesure que les données servant au ciblage des audiences deviennent plus nombreuses et de meilleure qualité pour accroître la pertinence des annonces et mieux rejoindre les consommateurs, la popularité et l’utilisation des logiciels de blocage devraient se stabiliser.

Certes, l’annonce récente d’Apple de sa décision d’autoriser l’utilisation de tels logiciels avec son système d’exploitation iOS9 a semé l’inquiétude. Les utilisateurs de téléphones intelligents consacrent cependant 88 % de leur temps d’utilisation à des applications autonomes – et non à la consultation de sites mobiles – ce qui signifie que la majorité des annonces diffusées ne seront pas affectées. Apple a même retiré un logiciel de blocage qui empêchait la diffusion d’annonces par d’autres applications.

Il n’en reste pas moins possible que l’on mette au point un bloqueur non invasif pouvant se greffer à une autre application. Il sera alors intéressant de voir comment réagiront Apple et les autres entreprises dépendant sur les revenus publicitaires générés par les applications.

Les questions de l’achalandage frauduleux et de visibilité douteuse restant entières, les annonceurs se tourneront naturellement vers des éditeurs de haut de gamme mettant la priorité sur l’expérience de l’utilisateur. Le développement de la télévision programmatique, de la télévision en ligne et d’autres médias innovants comme la publicité native et les réseaux sociaux (qui représentaient environ 20 % des achats effectués sur notre plateforme au deuxième trimestre de 2015), diminueront les conséquences du blocage des annonces, ces médias étant moins susceptible d’être affectés que les annonces vidéo conventionnelle diffusée en amorce des vidéos sur ordinateur de bureau.

Enfin, la plus importante raison de ne pas trop s’inquiéter est qu’il semble hautement improbable que la communauté mondiale de l’édition, dont l’existence même dépend du soutien financier des annonceurs, reste inactive et laisse ce phénomène menacer leurs revenus, qui se chiffrent en milliards de dollars, et des milliers d’emplois.

Faites-nous confiance, le blocage des annonceurs n’est pas une grosse affaire.

Tags: , ,

 
 

 

Nous joindre  |  Recherche Plan du site  |  Politique de confidentialité