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Pourquoi la diffusion frauduleuse des annonces numériques est-elle plus importante que leur visibilité?
juin 8th, 2015

Par Allen Dillon, président et chef de la direction, Sentrant Security Inc.

Allen Dillon

Allen Dillon

On a beaucoup parlé de la visibilité des annonces Web récemment et montré comment les annonceurs et leurs agences exigent des espaces publicitaires visibles à 100 % de la part des éditeurs de sites Internet. Le débat se poursuit, toutes les parties invoquant de nombreux arguments et une masse de données variées. Or, on oublie souvent les questions de sécurité fondamentales qu’il sous-tend et qui remettent en question toutes ces données.

Avant tout, on doit s’assurer que l’évaluation a lieu par rapport à une véritable activité humaine. On doit pouvoir, au minimum, répondre avec un degré de certitude de 100 % à la question suivante : le fureteur affichant l’annonce appartient-il à un humain?

La migration des budgets publicitaires vers les médias numériques attire les cyber criminels. On publie chaque jour une nouvelle fournée de logiciels malveillants de plus en puissants afin de frauder les annonceurs. Les criminels dont on parle disposent de budgets importants et gèrent une économie clandestine employant les meilleurs talents et utilisant la technologie la plus avancée disponible. Personne n’en est à l’abri, pas même les fournisseurs d’espace publicitaire de premier ordre. Dans ce contexte, on doit envisager l’adoption de véritables mesures de sécurité, comme celles mises en place dans les services financiers, par exemple. Ceci exige de classer les problèmes par ordre de priorité :

  1. Vu par des humains
  2. Visibilité
  3. Audience appropriée

Ne soyons pas naïfs – nous avons dépassé l’ère ou les fraudeurs superposaient les fenêtres de lectures dans un espace de 1 pixel x 1 pixel. À l’heure actuelle, la vraie menace vient de robots Internet sophistiqués utilisant d’authentiques fureteurs recueillant des fichiers témoins générés par les utilisateurs et imitant de façon très convaincante le comportement humain.

Cela dit, visualiser une version modernisée de la superposition des annonces, nous aidera à mieux comprendre la situation. Dans cette fraude nouveau genre, un éditeur dénué de scrupules remplit des pages Web d’annonces visibles et les soumet directement à des robots. Il arrive ainsi à maximiser le nombre des impressions – et ses profits – grâce au visionnement robotique. Ces pages étant conçues spécifiquement pour les robots, aucun contenu n’est requis. La visibilité des annonces n’est pas un critère tant et aussi longtemps que seuls les robots peuvent les voir.

Dans un cas que nous avons étudié, le fraudeur agissait de façon plus intelligente. Nous avons, en effet, découvert un éditeur qui superposait plus de 250 écrans de lecture – offerts par une multiplicité de vendeurs d’espace – dans une seule page vers laquelle il dirigeait le trafic robotique. Le plus surprenant dans tout cela n’était pas le nombre d’annonces empilées dans la page, mais la chorégraphie soigneusement programmée qui se déroulait en arrière-plan. Celle-ci rendait les annonceurs visibles tour à tour afin de tromper les mécanismes d’évaluation de la visibilité. Le criminel moyen devient plus rusé. Ce cas ne ressemblait à aucune autre menace que nous avions détectée et analysée auparavant.

Dans cette autre manœuvre similaire, les fraudeurs ont décidé de ne pas offrir des publicités 100 % visibles – un indice de fraude évident pour les méthodes d’évaluation actuelle – et d’introduire une certaine mesure de « non-visibilité » dans leurs espaces publicitaires. La position de chaque publicité dans la séquence était soigneusement mesurée et enregistrée dans un fichier témoin qui était utilisé par la suite à mesure qu’on superposait d’autres annonces dans la page et que l’on calculait leur indice de visibilité. Cette découverte confirme l’existence de manœuvres avancées en plus de démontrer que les fraudeurs sont à l’écoute des préoccupations exprimées par les publicitaires pour ajuster leurs stratégies en conséquence et éviter la détection.

Tout ceci pour dire qu’avant de poursuivre le débat sur la visibilité et d’adopter une position ou l’autre sur la foi de données incomplètes, nous devons commencer par résoudre la question du visionnement humain. Nous devons formuler un plan de bataille qui s’attaque d’abord à la fraude, puis à la visibilité des annonces et à l’audience cible afin de permettre aux annonceurs d’en avoir pour leur argent. Comme le montrent les deux méthodes mentionnées, le fait d’afficher un indice de visibilité de 100 % ne veut rien dire lorsqu’il est question de fraude.

Allen Dillon est président et chef de la direction de Sentrant Security Inc., une firme de sécurité Internet spécialisée dans la protection contre les fraudes en matière de publicité numérique, ayant des bureaux à Fredericton, Montréal et Vancouver. Il montrera comment les annonceurs et leurs partenaires de l’industrie peuvent protéger leurs publicités numériques, le 10 juin, lors du Forum exécutif de l’ACA.

 
 

 

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